Que faire?

Face aux défis écologiques qui se présentent à nous aujourd'hui, il n'existe pas de solution miraculeuse. Il est illusoire de croire que de nouvelles technologies rendront rapidement possible la perpétuation de notre mode de vie tout en préservant les équilibres de notre planète.

Toutes nos émissions de gaz à effet de serre, toute notre consommation de ressources naturelles, toutes les dégradations que nous infligeons à notre environnement sont en effet plus ou moins directement liées à notre mode de vie. L'agriculture, la production d'énergie, l'industrie, les activités de transport et services représentent une large part de notre empreinte écologique mais n'existent que pour satisfaire les besoins du consommateur final que chacun de nous est en mangeant, se chauffant, consommant, se déplaçant... Des améliorations sont bien évidemment possibles mais resteront définitivement insuffisantes pour résoudre entièrement le problème.

Il nous faut donc changer, changer notre manière de vivre au quotidien, en travaillant autrement, en se déplaçant autrement, en mangeant autrement, en adoptant d'autres formes de loisirs, etc...

Il sera alors possible à l'ensemble des habitants de notre planète de vivre confortablement mais sans excès et de manière durable puisque notre écosystème ne sera plus mis en danger par sa surexploitation.

Un aperçu du changement

Voici, sur quelques aspects de notre vie quotidienne, ce à quoi nous devrions aboutir le plus rapidement possible. D'autres solutions sont sans doute envisageables, l'important est de comprendre que de nombreuses améliorations sont possibles avec de l'imagination et de la volonté. Il s'agit prioritairement d'optimiser l'utilisation des ressources naturelles, tout comme a été optimisé au cours des dernières décennies la gestion des ressources humaines.

Transport

Disparition de la voiture individuelle

Nos modes de transport doivent être complètement révisés, la voiture personnelle doit être remplacée au profit d'un transport modal. Les transports longue distance doivent se faire en train et les transports urbains en métro, tram, bus. La voiture ne doit pas disparaître complètement mais être utilisée autrement, quand elle est se révèle indispensable comme en zone rurale. Elle doit donc cesser d'être un objet personnel à haute valeur symbolique pour devenir un moyen de transport temporaire, accessible sous une forme de location.

En finir avec la démocratisation du transport aérien

L'avion est un mode de transport extrêmement polluant en termes de gaz à effet de serre. Son utilisation doit être réservée aux longues distances, les plus courtes se faisant aisément en train, et à des tarifs beaucoup plus élevés pour en réduire son usage. Le retour de bateaux de ligne, beaucoup moins énergivores, doit être envisagé pour parcourir de longues distances.

Repenser l'organisation du territoire

Il faut stopper la périurbanisation et accroitre la densité des villes tout en y améliorant les réseaux de transport en commun.

Plus généralement, réduire sa mobilité n'est pas impossible, et pourquoi ne pas prendre le temps d'aller plus lentement?

Alimentation

L'agriculture biologique à petit pas

Le concept du "bio" est une excellente chose en soi puisqu'il offre des produits de meilleure qualité en épargnant notre environnement de la pollution dérivée des engrais, pesticides, OGM... Ses inconvénients : une productivité plus faible et par conséquent un coût plus élevé. Pour remédier à ce problème il serait intéressant de progresser par palier vers une agriculture plus naturelle plutôt que de n'offrir qu'une alternative : acheter 100% industriel ou 100% bio. Une augmentation lente et parallèle de la qualité et des prix devrait se révéler beaucoup plus efficace.

Manger moins de viande

Cela revient à utiliser moins de surface agricole, donc moins d'engrais, de pesticides et d'eau et à dégager moins de gaz à effet de serre. La généralisation d'une agriculture plus biologique passe nécessairement par cet effort à la portée de tout le monde. On peut très bien se nourrir et être en bonne santé en réduisant la part en viande (surtout de bœuf) de son alimentation, et c'est une excellente occasion pour en manger de meilleure qualité avec le même budget.

Boire de l'eau plutôt que des sodas, acheter des produits locaux plutôt qu'importés des antipodes en avion, cuisiner soi-même plutôt que d'acheter des plats cuisinés sont autant de gestes simples dont la généralisation aura un effet certain sur l'impact écologique de notre alimentation.

Logement

En vrac:

Travail et consommation

Sortir du cercle vicieux de la course à la croissance économique

L'augmentation continue de la productivité nécessite en retour une plus grande consommation de biens et services afin de pouvoir continuer à offrir un travail à chacun, travail nécessaire pour survivre tout autant que pour avoir une utilité et un statut social, mais également pour pouvoir consommer, toujours pour des raisons d'intégration et de distinction sociales. Il faut travailler pour consommer (évident), mais aussi consommer pour travailler (moins évident quoique parfaitement logique), et travail et consommation sont indispensables à chacun. Mais comme il faut toujours moins de travail pour produire la même quantité de biens ou de services (grâce aux progrès de la technique et de l'organisation), il faut donc produire et consommer de plus en plus pour conserver un même niveau de travail. Comme cette production nécessite des ressources naturelles et engendre des nuisances pour l'environnement, le fonctionnement même de notre société est incompatible avec une gestion durable de notre environnement.

Pour y parvenir?

Il faut réorganiser notre société afin de ne plus la faire reposer sur un principe de croissance infinie de production de biens et services et donc d'utilisation des ressources naturelles. La dématérialisation de l'économie va dans le bon sens même si l'économisation progressive de tous les échanges sociaux trouvera bien un jour ses limites, si ce n'est pas déjà le cas. Une autre organisation sociale doit donc être pensée.

Loisirs

Voyager autrement

Se déplacer en avion est la manière la plus efficace pour dégager de très grandes quantités de gaz à effet de serre en un minimum de temps ! Cela décrédibilise d'ailleurs la majorité des « sauveurs de la planète » médiatisés, qui s'inquiètent de l'inertie générale mais n'en continuent pas moins d'utiliser allègrement l'avion. Le concept de la semaine de vacances dans les îles ou du week-end à quelques milliers de kilomètres doit donc disparaître. Cela ne veut pas dire qu'il ne sera plus possible de voyager loin, mais il faudra s'y prendre autrement, prendre le temps d'aller plus lentement, en train ou en bateau. Les voyages n'en seront que plus enrichissants.

Moins de sports mécaniques

On l'a vu, l'adaptation de notre société passe nécessairement par une réduction de notre consommation énergétique, ce qui est incompatible avec les idéaux de vitesse et de puissance véhiculés par les sports mécaniques comme la F1, les rallyes, etc... D'autres modes de compétition doivent être valorisés afin de se substituer à ces sports que l'on considérera bientôt d'un autre âge.

Inutile de s'attarder sur les scandales écologiques que représentent les golfs verdoyants en milieu aride ou la nouvelle station de ski artificielle de Dubaï...